Amicale des Anciens de SOLETANCHE
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Nos amis qui nous ont quittés en 2018

  

MR JEAN MOUXAUX LE 4 JANVIER 2018

MR GERARD GENIESSE LE 10 FEVRIER 2018

MR THERESIO NEGRELLO LE 7 MARS 2018

MR ALAIN MOLOGNI LE 2 MAI 2018

MR FHODOR MALIJENOVSKY LE 28 MAI 2018

 
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JEAN MOUXAUX
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Témoignage de Merrall Sims

Jean Mouxaux 11/07/24 – 04/01/18

Le père de l’Enpasol nous a quitté

Jean Mouxaux s’est éteint le 4 janvier à l’âge de 93. Il est parti paisiblement dans la maison de retraite de Souprosse dans les Landes.

Né a Paris, où il grandit et fréquente le lycée Saint Louis. Il poursuit ses études avec un diplôme d’ingénieur de l’Ecole d’Hydraulique de Grenoble. Son diplôme en poche, il intègre Soletanche qui renait après la guerre, à cote d’Ernest Ischy, Henri Giron, Henri Cambefort, Jean Meyrand, …..

Son début de carrière le voit participer aux grands chantiers de barrages qui marquent cette époque de reconstruction de la France, d’abord le barrage de Génissiat, puis à Pralognon où il fait la connaissance d’Olga et avec qui il fêtait ces 67 ans de mariage avant la disparition de celle-ci l’année dernière.

Ensuite, il poursuit sur les aménagements du Rhin (Ottmarsheim, Fessenheim) et du Rhône (Donzère, Pont d’Ain, Bollene) accompagnés des chefs de chantier légendaires de l’époque : Léon Dalpont, Joseph Dietsch, dont l’expérience de vieux renard rattrape parfois les erreurs de jeunesse  de ‘M. l’Ingénieur’. Ces projets de barrages faisaient appel à l’injection, encore assez rudimentaire, et ont permis à Jean d’appliquer son esprit d’analyse et d’amorcer la maitrise de cet ‘art des ténèbres’ qui est devenu sa spécialité tout au long de sa carrière de Soletanchien de la première heure. Cette aventure des grands barrages est ponctuée par l’arrivée de 2 enfants, Jean-Marc puis Monique, le tout dans des conditions de vie souvent assez rudes. Les ‘base vie’ ont laissé des souvenirs dans la famille.

Au milieu des années 50, Soletanche lorgne des contrées plus lointain, et Jean se voit proposé la direction des travaux d’étanchéité sous le barrage de Shek Pik, à Hong Kong. La légende veut qu’après avoir accepté, il est rentré à la maison pour vendre l’idée à la famille, et ils ont cherché ensemble pour trouver Hong Kong sur la mappemonde. Un bien petit point à l’autre bout du monde …

Commence alors une implantation qui a portée des fruits bien juteux jusqu’à nos jours. En association avec  Dragages & Travaux Publics, et accompagné de Gilles Ghelfi, ils ont œuvré sur l’extrémité de l’ile de Lantau, aujourd’hui accessible par la route, mais a l’époque uniquement par une traversée de 2 heures sur le poussif ferry de Silvermine Bay et puis une piste …  Avec la fin des travaux sur Shek Pik, Jean ouvre un bureau commercial sur l’ile de Hong Kong, et il en suit d’autres projets tels que Plover Cove, ainsi qu’un autre enfant, Véronique.

De retour en métropole en 1965, Jean est basé au siège de la rue Logelbach, mais passe la plupart de son temps à parcourir le monde et les projets d’injection qui s’y trouvent : la station Auber du RER de Paris, le métro de Vienne, Pittsburg, Hong Kong de nouveau, le Japon. Mais il frôle la mort en 1969 avec un grave accident de la route lors d’un déplacement près de Toulouse. Pendant quelques temps son pronostic vital est engagé, mais il s’en sort et après une longue convalescence reprend son bâton de pèlerin injecteur.  Cet épisode sert d’ailleurs à faire avancer la prévoyance en cas d’accident de travail, peu développée dans la société à l’époque. Avec le regretté Jacques Levallois il trouve son disciple et lui transmet son vaste savoir. Il réfléchit aussi au problématique de sonder le sol de façon rapide et économique et développe ainsi les principes de ce qui deviendra l’ENPASOL, aujourd’hui à sa 3e génération.

Cette passion de développer des méthodes et des techniques se voit comblée quand les associés de Ryito Kogyo au Japon demandent expressément que Jean leur soit affecté pour mener de la recherche et développement sur les techniques Soletanche utilisés sous licence au Japon. De son propre aveu, cette période a été le plus exaltant de sa carrière, avec un rôle de ‘grand sage’ et des grands moyens techniques et humains à sa disposition pour mettre en œuvre ses idées.

Bien que difficile à croire aujourd’hui, au début des années 80, la notion de pré-retraite était bien en vogue. Jean a pu en profiter, pour ensuite partager son temps avec Olga entre la région parisienne et la maison familiale qu’ils ont fait construire dans le Périgord. Cette maison se remplissait progressivement lors des vacances avec l’arrivée de 8 petits enfants et puis 8 arrières petits-enfants. Jean ne perdit jamais sa curiosité d’esprit et profitait des beaux cieux nocturnes du Périgord pour s’adonner à sa passion pour l’astronomie, et de la partager avec sa descendance.

Il n’avait pas pour autant oublié ses chères injections, et lors d’une visite à sa fille (et accessoirement à votre humble narrateur) à Mud Mountain Dam aux Etats Unis, son vieux complice Jacques Levallois, Directeur du Projet, a pu le vendre au US Army Corps of Engineers en tant qu’expert international quand le comportement du barrage sous les travaux de paroi moulée a nécessité une campagne d’injection préalable.

Ces dernières décennies dans le Périgord, il a bien profité avec Olga pour accueillir famille et amis avec la même chaleur et générosité. Sa cave était toujours bien stockée, surtout avec les produits du coin; des grands Bordeaux bien sûr, mais aussi du Pécharmant et du Monbazillac. Levons donc nos verres, chers amis, au souvenir d’un grand Monsieur, Jean Mouxaux.

 

Merrall Sims

Nous avons une pensée pour eux.
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JEAN MOUXAUX
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